L’électricité verte, ou comment faire des affaires en sauvant la planète ?
Alan Salzman est le PDG et cofondateur de la firme VantagePoint Venture Partners, une société de capital-risque basée en Californie dans la Silicon Valley. Cette firme s’est, dit-il, toujours spécialisée dans les entreprises « transformatives », qui portent l’innovation technologique de l’avenir. Aujourd’hui, il croit en l’électricité verte.
Énergies renouvelables et électricité verte : l’industrie de demain
Alan Salzman en est convaincu, les années 2000 sont celles des industries clean tech. Cet enseignant de l’université de Stanford définit comme « clean tech » (technologies propres) les entreprises soucieuses de respecter l’environnement : consommation limitée des ressources naturelles en énergie, choix des matériaux, des modes de transport, etc.
Pour l’investisseur, l’électricité verte ou les énergies renouvelables sont aujourd’hui les espaces économiques porteurs. « Quand la bulle technologique a éclaté en 2000, nous voulions savoir quels secteurs industriels n’avaient pas encore connu ce cycle de transformation et d’innovation, et la réponse était claire : notre ampoule électrique était la même que celle inventée par Edison », explique-t-il.
Voir l’avenir à la lumière d’une électricité verte
Le groupe de recherche Next 10 estime à 3,3 milliards de dollars (2,2 milliards d’euros) l’investissement dans le secteur clean tech en Californie en 2008, soit deux fois plus qu’en 2007. Alan Salzman déplore que « les grosses entreprises [aient] la tête dans le sable et refusent de voir ce qui change ». Cependant, il a confiance en l’avenir des « start-up » d’avant-garde, notamment dans les secteurs du clean tech, de l’électricité verte et des énergies renouvelables. « Si nous pouvons fournir à un prix compétitif un produit identique aux ampoules électriques traditionnelles, mais qui ne consomme qu’un cinquième de l’électricité nécessaire auparavant, qui ne l’achètera pas ? », argumente-t-il.
Énergies renouvelables : une révolution économique ?
Portée par des entrepreneurs adeptes du capital-risque*, une révolution verte fondée sur l’industrie des énergies renouvelables est peut-être en marche. La Silicon Valley, en Californie, incarne la soif du progrès technologique, et les pionniers de l’innovation.
Les énergies renouvelables, sources de croissance
Nul n’en doute : les progrès techniques sont des moteurs pour la croissance. Les investisseurs semblent d’ailleurs de plus en plus nombreux à penser que le progrès en matière d’énergies renouvelables ne fait pas exception. En France, les chiffres confirment cette confiance. L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) a publié le 1er décembre un rapport concernant les marchés liés aux secteurs de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables. Il indique que ces marchés « restent dynamiques et porteurs d’emplois » et devraient connaître une croissance de 13 % en 2009. Aux États-Unis, la Silicon Valley se reconvertit dans les énergies renouvelables et les réseaux intelligents.
Diverses sources d’investissements pour les énergies renouvelables
Si les entreprises novatrices, dans la Silicon Valley notamment, sont la base d’une nouvelle croissance, elles ne sont pas les seules actrices de la révolution verte des énergies renouvelables. Les plans de sortie de crise lancés par des États comme la Chine et les USA, ou les investissements des pays de l’OPEP qui préparent leur reconversion, consacrent des sommes colossales à l’électricité verte et durable. De même, les grandes firmes internationales, rarement pionnières dans ces domaines, commencent à suivre le mouvement, et leurs investissements sont massifs. Au troisième trimestre 2009, 111 brevets sur 274 ont été déposés par de grandes entreprises internationales à l’Office des brevets américains, l’USPTO.
* Capital-risque, en anglais venture capital : choix d’investissement et de soutien à des entreprises innovantes.
Le gouvernement canadien investit dans les énergies renouvelables
Le gouvernement canadien investit dans les énergies renouvelables
La sénatrice Linda Frum a annoncé pour Lisa Raitt, ministre des Ressources Naturelles, un investissement de près d’un million de dollars pour développer les énergies renouvelables solaires. Ce projet, nommé First Power, est destiné au chauffage dans les communautés des Premières nations.
Un programme national pour les énergies renouvelables de chauffage
Le projet First Power, annoncé par le gouvernement du Canada, s’intègre dans le programme écoENERGIE dédié au chauffage par les énergies renouvelables. Il devrait permettre l’installation de chauffe-eau solaires dans environ 900 résidences. La priorité revient aux communautés des Premières nations (peuples autochtones) des régions les plus éloignées. Plusieurs de leurs représentants étaient par ailleurs présents lors de l’annonce faite par la sénatrice. Celle-ci a souligné que l’investissement devrait stimuler l’économie dans les zones concernées, tout en réduisant les coûts de la production d’énergie et son impact écologique.
Les énergies renouvelables vont remplacer la combustion de diesel
Joe Thwaites, président de Taylor Munro, a résumé en ces mots l’enjeu environnemental du projet :
« First Power s’attaque à l’une des pires nuisances du carbone, soit la production d’électricité par la combustion du diesel. Nous aménageons des systèmes d’énergie qui produisent la chaleur, l’éclairage et l’électricité nécessaires, en utilisant de l’énergie renouvelable, a déclaré M. Thwaites. Il est possible, souhaitable et même impératif de remplacer la totalité du diesel dans ces villages ».
Outre ce projet dédié aux communautés des premières nations, le gouvernement du Canada a déjà investi, avec écoENERGIE, 3,9 milliards de dollars en faveur des énergies renouvelables.
